dimanche 19 mai 2013

Prisonnière de soi

Parfois, je me demande où je me cache. Honnêtement, où suis-je réellement ? Qui est cette femme qui habite mon corps ?

Je vous rassure. Je ne suis pas folle. Ou peut-être si. Mais pas dans le sens clinique du terme.

Mais je ne me reconnais pas toujours. Pas si je me compare au passé. Mais si je me compare au feu qui brûle en moi parfois. Trop souvent. Si maladroitement.

Qui est cette femme qui s'assoit devant la télé toute la journée ? Qui est cette femme amorphe ? Qui est cette femme qui a peur ? Qui est cette femme qui attend ?

Au fond de moi, j'ai de l'audace, de l'impulsivité, des envies, des rêves. Au fond de moi, j'ai du chien ! Parfois, j'en ai un aperçu. Je fais un petit truc fou, une action impulsive, je sors ma tête de cochon, je me bats. Puis, ça repart. La fille qui dort en moi repart et je ne sais pas comment la rendre pleinement vivante.

Où suis-je ? Qui est cette femme amorphe qui prend, plus souvent que je ne le voudrais, possession de mon corps ?

J'ai un tel appétit de la vie. Je trouve si dommage de ne pas l'honorer plus souvent... C'est du gaspillage d'avoir tout ce ventre qui veut en moi et de n'en rien faire.

J'ai besoin d'un sauvetage. J'ai besoin qu'on me sauve de moi-même et qu'on m'ouvre à... moi-même. Car je sais que c'est là. Juste au fond de moi.

Ça vous arrive vous de sentir qu'une grosse coquille difficile à briser vous tient prisonnière ?

Triste dimanche matin

Je suppose qu'on peut dire que je viens de frapper un mur.

Je suppose qu'on peut dire que je suis déprimée.

Je suppose qu'on peut dire que j'ai juste envie de pleurer.



**UPDATE : Finalement, peut-être pas de mur. On verra...

mercredi 15 mai 2013

You drive me crazy

C'est l'enfer sur terre. Une brûlure haute et vive. L'envie de ta peau sur la mienne. De tes mains partout. De ta bouche, de tes lèvres...

You drive me crazy.

Chaleur. Cruelle. Des pensées envahissantes. Qui prennent trop de place. Je veux. L'esprit qui veut tout, qui oublie le reste. Se concentrer sur rien que ce désir. I'm crazy.

Je suis de chair. Je suis humaine. Tu me rends humaine. Vulnérable. You drive. Et je languis de ce pouvoir que je perds. De cette volonté qui faiblit devant peu.

Approche, je serai douce. Approche, je serai ardente. Approche, je serai brasier. Je veux être ce que tu veux que je sois. Je veux être la femme dans tes bras. Je veux être le corps contre le tiens.

You drive me crazy.

Je meurs que tu ne m'embrasses pas.

Moi, la course...

J'ai toujours une petite crainte avant d'aller courir. Ou un petit stress du moins.

Vous savez le petit regard apeuré d'un chevreuil devant les phares d'un véhicule qui arrive trop vite ? J'ai l'impression que ça doit être le regard que j'ai.

Peu importe que j'aie envie de courir, besoin de courir, que je me demande le petit effort d'aller courir. Le sentiment est toujours là. Juste avant de faire les trois ou quatre premières foulées.

Parce qu'au fond, je ne sais jamais comment ira une course. J'ai beau courir depuis quelques années, je n'ai pas non plus un volume immense. Cette année, par contre, je me suis donné un objectif de volume plus grand justement. Alors, ça aidera sûrement.

Mais le fait est que je ne sais jamais. Ça me prend les trois ou quatre foulées pour dissiper la petite crainte et ensuite peut-être le premier kilomètre pour "sentir" la course. Vais-je faire une course avec un bon temps ? Vais-je faire une bonne distance ? Vais-je m'effondrer mentalement ? Vais-je sentir que mon corps est récalcitrant et n'a pas envie cette journée-là ? Tout se joue au début de la course.

Allez, savoir pourquoi, j'en raffole pourtant de la course. Comme hier. Grosse journée au boulot, tête pleine, envie d'air. J'enfile mes souliers, je prends mon regard apeuré, je fais quelques foulées... et je soupire de contentement ! Vous aurez deviné que c'en était une bonne celle-là ! Encore quatre secondes de moins sur mon temps au 5 kilomètres ! Mais le fait est que record ou non, il est très rare que je ne revienne pas d'une course mieux dans ma peau et dans ma tête qu'avant mon départ.

Parfois, ce qui fait peur, est justement ce qui est bon pour nous !

samedi 11 mai 2013

L'essence de la vie

J'ai un mur devant moi. On pourrait aussi dire un grand brasier. Et je sens (sais?) que je vais foncer.

Pourquoi l'impression d'être en vie ne vient-elle trop souvent qu'en prenant des risques ?

Les gens heureux n'ont pas d'histoires dit-on. Est-ce vrai ?

Je ressens parfois des bouffées de bonheur. Quant tout s'aligne et qu'on dirait que la vie devient parfaite le temps de quelques secondes. Mais c'est toujours volatile. Je ne peux jamais vraiment y mettre les mains dessus. Ni y toucher, ni le sentir. C'est juste un emportement, le cœur qui grandit un peu. Si volatile.

Je ressens plus souvent du malheur. Ou du danger. C'est texturé. Ça prend de la place. C'est dense. L'envie de vivre ma vie comme s'il n'y avait pas de lendemain. De foncer dans la misère. De me jeter à pieds joints dans le feu. D'accélérer quand je vois le mur en face de moi. Parce que quand je fais ça, je touche à quelque chose. Je vis.

Je ne sais pas pourquoi ce qui fait mal, ou peut potentiellement faire mal, a plus d'intensité. Mais qui pourrait le nier ?

Il est paradoxal que ce qui nous fait sentir la vie en nous soit ce qui la menace le plus. Un danger nous rend alerte. Une mauvaise nouvelle nous fait nous rendre compte de la valeur de la vie. La peur de mourir nous apporte une nouvelle vision des choses.

Et on oublie.  Jusqu'au prochain danger. Jusqu'au prochain mur. Jusqu'au prochain brasier. Et on sent qu'on n'aura pas le choix. Qu'on foncera. Juste pour toucher un peu encore. Pour pouvoir saisir. L'essence de la vie.

dimanche 5 mai 2013

Niveau d'impulsivité : 100%

Je suis officiellement un danger pour moi-même.

Plutôt que d'envoyer un message texte à un jeune homme, j'ai cogné à la porte d'un autre pour l'inviter à souper. Un autre que je connais à peine.

J'ai probablement un voisin convaincu qu'il me plaît maintenant !

Et ça ne règle pas mon problème de message texte, ça !

J'ai dû regarder 3876 fois, minimum, par heure, toute la fin de semaine si je n'avais reçu de message texte sur mon cellulaire ou de message vocal sur mon téléphone de maison. JE SUIS PITOYABLE.

Et quand je dis que ça ne règle rien... Le dit voisin ayant refusé l'invitation à souper puisqu'il avait déjà souper (et qu'il devait se dire que je suis vraiment weird...!!!! et qui sait quoi d'autre encore...), je suis toujours toute seule. À moins de 10 pieds de mon téléphone cellulaire. Avec un coupe de vin tout près.

Ce soir, la température est à l'impulsivité. Possibilité de précipitation : 100%.

Je suis un danger pour moi-même. Faut m'attacher. De grâce.

samedi 4 mai 2013

Déchance sociale. Ou ce qu'une nuit de mauvais sommeil et l'espoir peuvent provoquer

Je ne crois pas avoir jamais fait de titre aussi long sur mon blogue. Aussi long que le temps aujourd'hui.

Je suis levée depuis beaucoup trop tôt. Après une nuit de sommeil merdique. Rien de neuf là-dedans, quoi. Lecture pendant la nuit. Réveil aux deux heures. Incapacité chronique de me rendormir.... Je me sens beeuuuhhh ! Sans trop de oumphf. En clair, je fonctionne par onomatopées. Presque revenue à l'état des cavernes.

Presque parce que j'ai réussi, au bout de 3 heures de misère, après avoir mangé un déjeuner vitaminé et bu un smoothie au café, à prendre une douche. Bon, c'est encore un work in progress de me préparer à vivre en civilisation. Car oui, la douche est prise, même lavé la tignasse, mais je n'ai pu aller que jusqu'aux sous-vêtements dans mon processus de décision de ce que j'allais porter aujourd'hui. Oui, je confirme pour ceux qui veulent, ou ne veulent surtout pas, d'image mentale : je vous écris en culottes et soutien-gorge dans mon salon ! Mais est-ce vraiment si important ? Mon chat a l'air de s'en foutre, lui. Et il est seul qui verra cette scène pittoresque.

J'essaie de me convaincre de sortir. Il fait beau dehors. Mais là, les seules bribes de beaux temps qui me parviennent sont les ?%#&*?$*)@ de bruits de scie électrique (d'ailleurs, je songe fortement à aller lui couper la tête avec à ce criss de voisin !!!!!) dans la ruelle et les voix animés des voisins... Y a-t-il un party, je ne saurais vous le dire ?! Je n'ai pas ce gène de la voisine qui écornifle aux vitres. Pas toujours.

Disais-je donc, j'essaie de me convaincre de sortir. Ce qui veut dire que je joue à un jeu poche sur internet. Of course. Que je me dis vaguement que je pourrais vous lancer une invitation à souper. Ça avait marché une fois. Mais qui va vraiment voir mon message par un après-midi paradisiaque ? Ou presque. Qu'en sais-je, peut-être sommes-nous envahis par des monstres qui veulent contrôler la terre. Faudrait que je consulte les nouvelles... Je me dis aussi que ce gars devrait m'appeler. Honnêtement. Qu'est-ce qu'il attend ? Il semble intéressé. Peut-être pas à me supplier d'être la femme de sa vie. Mais au moins à me connaître... Les signes. Vous savez les fameux "signes" sont positifs. Et non, ce n'est pas seulement ma mère qui le dit. En fait, elle ne pourrait pas le dire, car je ne lui en ai pas parlé. J'ai même un semblant d'avis masculin sur la chose. Peu importe, le bruit du téléphone n'est vraiment pas assourdissant en ce samedi. Et au point où j'en suis, je me dis que n'importe quel sondage téléphonique mettrait un peu de piquant dans ma vie. Parce que pendant 3 secondes au moins, j'aurais cet espoir que.... Ben tsé. Vous savez. Ai-je vraiment besoin de tout vous expliquer ? Je vous entends déjà me dire de l'appeler. Je ne le ferai pas. Mais n'ayez crainte, j'ai quand même manifesté et encouragé le dit jeune homme. Je suis une femme de mon temps... sans l'être complètement.            

Disais-je donc, j'essaie de me convaincre de sortir. C'est définitivement un texte têtu qui n'a ni queue ni tête. J'essaie de sortir et c'est très difficile. Tout d'abord, il faudrait que je rassemble tous mes cernes et que je les embarque dans une petite brouette. Des cernes comme ça, ça ne se traîne certes pas à mains nues ! Faudrait que je finisse de m'habiller aussi. Robe ? C'est comme la grosse question du jour. Sortir faire quoi ? Mon char ne marchant pas (je change la satanée batterie demain, woot, woot !), il faudra que ce soit moi qui marche. À moins que je ne m'écrase quelque part ? Mais s'écraser pour s'écraser, ne suis-je pas bien ici, en sauvage, dans le confort de mon sofa ? Ok, ok, je ne feel pas sauvage.... C'est que vous voulez toujours avoir raison, vous ! Mais sortir, rester, le résultat serait le même. Acheter des fruits au marché Jean-Talon ou un pain à l'épicerie, ça n'a jamais donné des enfants forts ! Ni l'impression d'appartenir à une communauté. Hein ? Mais qu'est-ce que je dis là, moi ?! Je pourrais appeler quelqu'un vous dites. J'y ai pensé. Je sais déjà les réponses de tout le monde. Je suis devin (devine, ça se dis-tu ?).

D'où la déchéance sociale du titre. Y'a des samedis comme ça ! Quand y'a la tempête dehors, allez savoir pourquoi, la couverte est confortable et le cœur au chaud. Mais par belle journée, la couverte étouffe et le cœur, ben le cœur, ouin, qu'est-ce qu'il a le cœur... ? Oooohhh ! vous avais-je dit à quel point j'ai mal dormi ? Ça tue ça. Y'a des samedis, y'a des samedis comme ça...