dimanche 27 mars 2016

Place au bonheur

Je suis heureuse. Waaaooooooh ! Il me semble que ça fait gros à dire. Pourtant, c'est ce que je ressens. En partie au moins. Je suis bien intrinsèquement. Au creux de moi. Oh ! je ne dis pas que ma vie est parfaite.... C'est en fait cette partie-là qui n'est pas si heureuse. Je n'aime pas tant ma vie. Elle n'est pas à la hauteur de ce que je voudrais qu'elle soit. Mais je suis heureuse. Foncièrement bien. J'ai des malheurs, j'ai des émotions négatives qui viennent parfois. Mais j'ai le sourire intérieur inébranlable. Les nuages ne sont que de courtes ondées.

Je voudrais un homme. J'ai eu l'espoir d'un, très, très brièvement, à la fin de la dernière année. Écourté et déçu. J'ai eu l'espoir d'un ami aussi. Plus dernièrement. Un espoir scrappé. Puis, cette surprise d'un homme exquisement charmant, mais trop jeune pour moi. Juste savoir qu'il existe des garçons charmants même si rien. Ça fait au moins sourire.

Je voudrais changer de boulot. Quelque chose qui m'enflamme. Me motive. M'allume davantage. Quelque chose qui me donne envie de me lever le matin.

Je voudrais donner. Apporter. Que ma vie ait une signification profonde. Une signification claire et solide au fond de moi.

Je voudrais moins de solitude. Au moins à certaines heures. Celle où la solitude est lourde. Car parfois elle est légère. Et d'autres fois, elle n'est pas là, car la vie se remplit de rires et d'affections.

Je pourrais continuer. Mais ça va. C'est bien ainsi. Je sais juste que je suis bien. Que j'ai cet état d'esprit qui touche au bonheur. Que j'ai les humeurs plus stables. Ça pourra être bizarre de dire ça, mais j'ai l'impression que le végétarisme aide beaucoup dans cet état d'esprit. Dans les temps, ça concorde. Comme je le dis, les malheurs n'ont pas disparus, ni les tristesses. Ils sont juste relégués à des places plus discrètes, des places qui s'effacent rapidement. Des nuages qui disparaissent au vent.

Que ça dure alors. Que ça dure pour la vie. Et qu'un jour ma vie rejoigne mon esprit.

lundi 22 février 2016

Mots agités

J'ai mal de mots. Jamais je ne les ai ressentis aussi physiquement. Ça se fracasse partout en moi. Ça m'explose le ventre. Ça me joue sur la peau. Ça s'évapore de ma chair. Ça crie dans mon crâne. Ça m'agite et me remue. Ça me brûle dans les tripes. Ça saigne dans mes veines. Ça coule dans mon dos. Ça parsème mon corps tout entier. 

Je suis gluante de mots. Chaude de mots. Glacée de mots. Hurlante de mots. 

Trop de mots. Trop de mots. Tellement trop de mots. 

Ça vole et me foudroie. 

Des mots à la volée. En pleine gueule. Tous ceux que j'ai écrits avant et qui sont blottis dans moi. Tous ceux qui veulent m'exploser la poitrine actuellement. Tous ceux qui font la file, soldats engagés, en prévision de mes futurs agités. 

Ces mots rêvés aussi. Qui prennent la poussière et que je voudrais donner en offrande. Ce nouvel éclair de lucidité sur un projet pourtant farfelu. Plein de mots que je voudrais partager à la face du monde. Des mots pour faire du bien. Ou du mal. Mais toujours du bien ultimement. Des mots qui seraient la présence manquante à ces écorchés comme il y en a trop. Des mots que je voudrais qu'on lise. Que j'aurais voulu lire. 

Ça bouge tant. Rien en place. J'ai peur et ça tangue. J'ai les mots partout dans le corps. Dans la gorge. Dans les jambes. Dans les intestins. J'ai les mots partout dans l'âme. Et cette peur qui me dit que si je ne partage rien, je serai ensevelie. Morte de mots. 

samedi 20 février 2016

L'ennemi

J'ai vu l'ennemi. Regard clair, assumé, triste. J'ai vu l'ennemi dans mon miroir.

J'ai vu ses besoins, ses espoirs, ses chimères et je l'ai nourri de mon mieux. Avec le trop méchant qui l'entourait. 

Ce ne sont pas les autres qui nous font mal. Ce sont nous qui leur donnons les armes. 

J'ai vu l'ennemi dans mon miroir. J'ai eu envie de le serrer bien fort. Pour l'empêcher de chuter. Pour le remonter à la surface. Un auto bouche à bouche du dernier recours. Avant la descente aux enfers et aux lucifers. 

Dans le miroir, je me regardais. Pourquoi le bouclier avait-il été déposé ? Pourquoi la capitulation avait-elle été amorcée ? 

J'ai vu l'ennemi. C'était moi. Tu n'aurais jamais eu le pouvoir de m'atteindre si je ne te l'avais donné...


mercredi 3 février 2016

Lost in the game

Comment fait-on lorsqu'on veut deux choses opposées en même temps ?

Lorsque le bon n'est pas satisfaisant. Et que la satisfaction n'est pas que bonne. 

Je joue avec un casse-tête trop grand pour moi...

samedi 30 janvier 2016

Jeux de petite fille

J'ai les torrents et les vagues qui me renversent. Qui me traversent. Qui me bouillonnent les sens. Une brûlure sur l'âme au fer chaud. Des faux espoirs déjà déçus sur lesquels je me précipite comme une pur-sang écumante et rageante. J'ai faim, j'ai soif et j'ai chaud au fond de mes entrailles. On m'a entaillé comme on en entaille un érable. Pour en sortir le jus, en extraire la sève, en vider l'essence. Et je me soumets au jeu. Comme une guerrière avouée vaincue, comme une naine devant un géant, comme un cœur qui chavire pour des idioties de petites filles qui ont trop écouté  les contes pleine de princesses dans leur château.

Ces autres contes aussi, celles des petites filles qui ont des désirs, des envies renversantes, qui s'ouvrent comme une fleur, pour un sourire et quelques mots gentils. C'est un conte de grands. Dans lesquels, on joue parfois avec nos bottes trop petites et nos jupes en corolles. Pas parce qu'on est vraiment petite. Plutôt parce qu'on se sent miniature. Comme un petit portrait comme voudrait glisser dans la poche des inconnus pour trouver un petit coin chaud où se blottir les angoisses.

J'ai le corps qui éclate. Comme des bulles éclatantes. J'ai la volonté qui flanche et tangue. Prends une tangente vers les tréfonds. Se laisser aller. Juste un peu, juste un tout petit peu. Quelques mots, trop de mots, ceux qu'on dit, et l'immensité de ceux qu'on ne dit pas. Qu'on dissimule comme des cailloux dans nos besaces. Parce que si on se fait voler ça, il ne nous reste plus rien. Alors on se couvre la bouche à pleine main, on se retient les envolées trop vives, on se tait le besoin. Pour ne pas sombrer dans des bulles qui éclatent. Les petites filles qui jouent avec des allumettes, ça se brûle. On le sait trop bien. On a le corps plein de chairs qui sentent la fumée.

Mais on joue, on saute à pieds joints. On se divertie les soupirs à grand coup de plein au visages. On se viole l'intimité pour un peu d'attention et d'émotions. On se lance tête en l'air pour oublier les lancinants ennuis qui tuent. On se bat avec plein d'armes, on s'encombre de boucliers et on a peur que l'autre les fasse tomber trop vite. Parce qu'on aura baissé un peu la garde. Parce qu'on aura permis les attaques. Parce qu'on les aura souhaité. Parce que notre ventre criait sa famine.

dimanche 24 janvier 2016

Le poids des souvenirs

Est-ce normal de garder d'anciens textos d'un gars qui nous a écorché le cœur ? D'anciennes photos d'un ex ? Des messages de bêtises que quelqu'un nous a déjà envoyés dans des élans de colère ? D'anciennes lettres d'amies du secondaire pour la plupart disparues de nos vies ? D'anciennes lettres de correspondantes avec qui on communique encore et d'autres, non ? D'anciens journaux intimes ? De vieux poèmes qui racontent plus souvent qu'autrement nos douleurs ? De vieux agendas qui servaient à s'épancher le cœur à l'adolescence ?

Parfois, je me le demande... Bien de ces choses ne sont plus que des souvenirs lointain. Ce que je veux dire par là, c'est que la douleur s'en est allée, la nostalgie y habite sans  trop de souffrance, les larmes sont séchées ou sécheront... 

Mais si ces souvenirs étaient des boulets qui nous rattachent au passé ? Les objets, propres ou un peu figurés aussi parfois, prennent une place dans la besace de nos vies... Et si je traînais tout ça sans savoir que je le traîne réellement ? Si je traînais tout ça et que je laissais ce poids hanter ma vie ? 

Un jour (proche ? lointain ?), je mourrai. Oui, je vais mourir. Que servira alors tous ces memorabilias ? Et s'ils ne servent à rien au jour de ma mort, pourquoi me seraient-ils utiles maintenant ? 

Quand je jette ou donne des choses, le plus souvent sans importance émotive, je ressens souvent ce poids qui se soulève de moi, de mon ventre ou mes épaules. Qu'est-ce que ce serait si je décidais de me débarrasser de ce qui pèse le plus lourd dans une vie, de ce qui enferme physiquement, au moins un peu, une partie de mon passé ? 

J'hésite souvent. Parfois. De plus en plus. Faire une vraie grande place émotive dans ma vie. Ne plus me rattacher à ce qui traîne dans mes bureaux ou mes disques durs. Me reformater la vie à grand coup de jetage... Ces choses n'ont plus besoins de moi. Ai-je réellement besoin d'elles ?

lundi 18 janvier 2016

Vous avez demandé une pizza ?

Je vais encore, parfois, sur les sites de rencontre. Comme c'est pittoresque et particulier que cette chose. Plus j'y suis et plus je découvre des étrangetés. Je n'y vais plus trop, parfois seulement comme je disais, car en ce moment, je suis plutôt bien seule. Je me dis juste que ce serait bien un gentil compagnon de vie. Sauf que le sites, c'est de l'ouvrage ! Et mon petit bonheur tranquille trouve que de l'ouvrage, il en a assez ailleurs.

Mais parfois....

Allez quoi, déjà les sites, c'était quelque chose avant, à leurs débuts. Maintenant, c'est devenu un service de pizzas on dirait. Et on a oublié de m'aviser. 30 minutes ou c'est terminé. Zoup, next ! 30 minutes, c'est le temps, souvent maximal, qu'un homme accepte de vous parler avant que le sujet de la rencontre soit abordé et que celle-ci soit exigée. Sur le champs. Exemple, vous parlez un soir tard, vraiment tard, le gars vous propose une rencontre, vous dites non, mais demain ça irait, on peut continuer à jaser. Niet, le gars a décampé. Autre exemple, vous jasez avec ce gars un petit 30 minutes plus ou moins, le lendemain, un autre petit coucou, il vous propose la rencontre, vous avez non pas une, mais trois excellentes raisons de ne pas pouvoir à ce moment-là (excellentes, je dis, pas du genre je fais ma pédicure, sorry), basta, disparu dans la nature !

Depuis quand les rencontres sont-elles devenues un service de pizzas ? Sérieusement, j'ai manqué le mémo ? Certes, pas besoin de jaser pendant trois semaines pour se rencontrer si c'est ce qu'on veut. Mais pourquoi être si expéditif ? Et souvent, ces hommes-là vont se plaindre que les sites de rencontres, ben, ça marche pas.... Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'aime un minimum de conversation avant de rencontrer un homme, un total inconnu, doit-on le dire. Tout peut se passer la journée même. Mais j'aime un 1h ou 2 disons. Genre une heure ou deux de petits messages, un 30 minutes de téléphone pour jaser un peu, planifier la rencontre... Ça peut aller relativement vite. Mais c'est quand même trop pour la majorité des messieurs. Ils veulent le plus qu'immédiat. Les femmes sont consommables dans la demi-heure ou pas. Peut-être suis-je vieux jeu avec mes petits délais, mais je les aime. Car ça en indique beaucoup sur quelqu'un. Et ça évite des rencontres catastrophiques. Car au bout d'une heure de messages, le monsieur se révèle... souvent pervers, souvent maniaque qui te piquent une crise... Faits vécus.

Je ne suis pas une pizza ! Qu'on se le dise. C'est bon une pizza, je suis même prête à jouer à la pizza pour l'homme de ma vie. Mais si l'homme de ma vie veut me rencontrer par l'entremise d'un site de rencontre, il devra me traiter comme un plat gastronomique ! Je ne suis pas à quelques jours de célibat près.... Et comme dit le vieux slogan publicitaire de je ne sais plus trop quoi : je le vaux bien !